La gastropexie incisionnelle

Sommaire

  • La technique de gastropexie employée, quelle qu’elle soit, doit permettre une fixation solide et durable de l’estomac à la paroi abdominale.

Auteur : Dr. S. Etchépareborde 01-09-2013
Centre Hospitalier Vétérinaire des Cordeliers, 
29 avenue du Maréchal Joffre, 77100 Meaux.
E-mail : setchepareborde@chvcordeliers.com
Cet article a été publié dans : PratiqueVet (2013) 48 : p 414-416


 

Objectifs pédagogiques

  • Connaître les différents types de gastropexie qui existent.
  • Être capable de décrire de façon détaillée la gastropexie incisionnelle.

Crédit de formation continue

La lecture de cet article ouvre droit à 0,05 CFC. La déclaration de lecture, individuelle et volontaire, est à effectuer auprès du CNVFCC. 


La gastropexie incisionnelle

La gastropexie est la fixation de l’estomac à la paroi abdominale. La principale indication de la gastropexie est la prévention d’une torsion chez des animaux à risques (chiens prédisposés, chiens ayant déjà eu une torsion ou un épisode de dilatation). Un cas particulier est le traitement de la hernie hiatale qui nécessite une double gastropexie, du fundus et du pylore de l’estomac.

Les différentes gastropexies

La gastropexie peut être réalisée par laparotomie ou assistée par laparoscopie [1,2].

Différentes techniques ont été décrites mais les trois techniques principales sont la gastropexie incisionnelle, la gastropexie circumcostale et la gastropexie en boucle de ceinture.

La résistance de chacune des trois techniques a été testée in vivo : jusqu’à 85 N pour la gastropexie incisionnelle et 109 N [35] pour les deux autres techniques.

La force minimale nécessaire pour éviter une torsion n’est cependant pas connue et l’apparente résistance inférieure de la gastropexie incisionnelle n’est pas associée avec un résultat clinique différent des deux autres techniques.

Cette gastropexie est la plus simple et la plus rapide des trois techniques et c’est donc la technique que nous décrirons ici. La gastropexie par “incorporation” qui consistait à suturer l’estomac en même temps que la ligne blanche est à proscrire pour plusieurs raisons : la séreuse et la musculeuse de l’estomac ne sont pas incisées dans cette technique d’où une probable diminution de la résistance de la pexie, l’estomac n’est pas suturé dans une localisation anatomique et enfin dans le cas d’une nouvelle laparotomie, le risque de perforation de l’estomac est grand.

 

Photo 1

Photo 1

Une laparotomie est réalisée en incisant de l’appendice xiphoïde jusqu’au pubis. Si l’estomac est tordu, il est remis en place (le pylore à droite et le fundus à gauche). L’antre pylorique est ensuite visualisée et une incision de 5 cm environ est réalisée entre la grande et la petite courbure (on évite ainsi les parties les plus vascularisées). Cette incision comprend la séreuse et la musculeuse de la paroi gastrique : ceci est très important pour la résistance finale de la gastropexie. La sous-muqueuse et la muqueuse sont donc laissées intactes et à aucun moment on ne pénètre la lumière stomacale.
La tête du chien est vers la droite de la photo. On aperçoit le foie à droite et le duodénum en haut qui part de l’antre pylorique. L’incision a été pratiquée entre les vaisseaux venant de la grande et de la petite courbure que l’on voit sur la photo.

Photo 2

Photo 2

Ensuite, l’antre pylorique est rapprochée de la paroi abdominale droite de manière que l’estomac soit dans une position anatomique : en arrière de la 13e côte et à environ 5-6 cm de la ligne blanche.

Photo 3

Photo 3

Incision de la paroi abdominale en regard de l’incision sur l’antre pylorique.
Une pexie plus proche de la ligne blanche, même si tentante car moins profonde, est à éviter car l’estomac ne se trouve plus alors dans une position anatomique. Une incision est alors réalisée dans la paroi abdominale, en regard de l’incision sur l’antre pylorique, comprenant le péritoine et le muscle transverse.

Photo 4

Photo 4

Le premier nœud de la pexie est posé, comprenant la séreuse et la musculeuse de l’estomac d’une part, et le péritoine et le muscle transverse de la paroi abdominale d’autre part. Il appose les deux incisons ensembles.
Le fil de suture utilisé est un fil résorbable, de préférence un monofilament, ce qui est moins traumatisant pour les tissus, et d’une taille variant du 2-0 (déc. 3) pour les grands chiens à 3-0 (déc. 2) pour les chiens de petites tailles.

Photo 5

Photo 5

Le surjet est réalisé avec les bords les plus profonds de l’incision dans un premier temps. Il comprend la séreuse et la musculeuse de l’estomac, le péritoine et le muscle transverse de l’abdomen.


Photo 6

Photo 6

Un nœud est réalisé au bout de l’incision sans couper le brin comportant l’aiguille (Photo 6) qui est utilisé pour réaliser le surjet avec les bords les plus superficiels de l’incision suturés ensembles (Photo 7).

Photo 7

Photo 7

Photo 8

Photo 8

Le nœud final est fait avec le brin, laissé long, du premier nœud.
La laparotomie est refermée de manière conventionnelle. La gastopexie en elle-même est une chirurgie “propre” et ne justifie donc pas à elle seule l’administration d’antibiotique en postopératoire.

 

Mémo

  • Il existe de nombreuses techniques pour fixer l’estomac à la paroi abdominale. Mises à part les techniques par laparotomie et assistée par laparoscopie, trois techniques sont équivalentes : la gastropexie incisionelle, la gastropexie circumcostale et la gastropexie en boucle de ceinture.
  • La gastropexie incisionelle est simple à réaliser et ne présente pas d’inconvénient cliniquement décelable par rapport aux deux autres techniques.

 

À lire…

1. Dujowich M, Reimer SB. Evaluation of an endoscopically assisted gastropexy technique in dogs. Am J Vet Res. 2008 ; 69 : 537-41.
2. Mayhew PD, Brown DC. Prospective evaluation of two intracorporeally sutured prophylactic laparoscopic gastropexy techniques compared with laparoscopic-assisted gastropexy in dogs. Vet Surg. 2009 ; 38 : 738-46.
3. Fox S et coll. Observations on the mechanical failure of three gastropexy techniques. J Am Anim
Hosp Assoc. 1985 ; 21 : 729.
4. Hardie RJ et coll. Biomechanical and histological evaluation of a laparoscopic stapled gastropexy technique in dogs. Vet Surg. 1996 ; 25 : 127-33.
5. Wilson E et coll. A comparison of laparoscopic and belt-loop gastropexy in dogs. Vet Surg. 1996 ;
25 : 221-7.